Surpoids, obésité : informations pour les professionnels


 

 

Les kilos en trop augmentent le risque de mortalité quel qu'en soit la cause
 

En suivant l’IMC de près de 1, 5 million d’adultes pendant dix ans, l’épidémiologie dessine une relation implacable entre surpoids, obésité et mortalité.

Le New England Journal of Medicine donne des chiffres assez frappants dans le cadre d’une étude épidémiologique menée à très large échelle et sur le long terme, ayant impliqué le National Cancer Institute et une douzaine d'autres Instituts de recherche du monde entier (1). Ils montrent que le surpoids accroit le risque de mortalité.
Les investigateurs ont rassemblé les données de 19 études prospectives soit 1,46 million d'adultes blancs non hispaniques, âgés de 19 à 84 ans et ayant un indice de masse corporelle (IMC) médian de 26.2. Au total, 160 087 décès ont été rapportés sur un suivi médian de 10 ans et 35 369 décès sont survenus chez des sujets considérés en bonne santé à l’inclusion (pas de cancer ou de maladie cardiovasculaire connu). 

 

courbe-mortalites

Les résultats montrent que les femmes en bonne santé à l’inclusion, qui n'ont jamais fumé et qui sont en surpoids (IMC entre 22,5 et 24. 9), ont un risque de mortalité modérément augmenté de 13 %. Le risque de mortalité augmente avec l’IMC : le risque de mortalité des femmes ayant un IMC entre 30 et 34.9 est augmenté de 44 %. Le risque de mortalité est augmenté de 88 % chez les femmes ayant un IMC entre 35 et 39. 9 et de 250 % chez celles ayant un IMC entre 40 et 49.9. Chez les hommes non fumeurs et en bonne santé à l’inclusion, ce risque de mortalité augmente pratiquement dans les mêmes pourcentages. En clair, aussi bien chez l'homme que chez la femme, le risque de mortalité augmente de façon linéaire à partir d’un IMC à 25 : pour chaque augmentation de 5 unités d’IMC à partir de 25, le risque de mortalité augmente de près de 30%.
Le risque de mortalité le plus bas est observé pour un IMC entre 20 et 24, prouvant ainsi la justesse des définitions de l’IMC normal selon l’OMS. Il existe aussi une surmortalité chez les sujets ayant un IMC plus bas (IMC 17.5) de 37%. Sur cette large population, il a été possible d’étudier  les effets  de tels ou tels facteurs sur la relation IMC mortalité : le risque de mortalité augmente en fonction de l’IMC, à partir de 25, dans tous les sous-groupes, quelque soit l’âge, le niveau d’éducation, le niveau d’activité physique et est encore plus élevé chez les sujets ayant un IMC > 25 avant 50 ans. Il a été également possible d’éliminer les biais liés à l’effet du tabac et des maladies préexistantes qui ont tendance à sous estimer l’intensité de la relation IMC – mortalité toutes causes confondues et d’étudier précisément la cohorte de sujets non fumeurs et indemnes de maladies à l’inclusion. En conclusion, cette étude confirme que le surpoids et l’obésité, chez l’adulte blanc, augmente de façon indépendante et forte la mortalité toutes causes confondues.

 

 

 

Références
1. Body-Mass Index and Mortality among 1.46 Million White Adults. N Engl J Med 2010;363:2211-9.