Commercialiser les autotests VIH en Suisse ?
des pharmaciens plutôt pour, mais des autorités de santé qui ne donnent pas leur feu vert

 

 

 

Selon la Tribune de Genève (27 avril 2013), citée par la Revue Médicale Suisse, les kits d’autotests VIH la commercialisation en Suisse des tests VIH à réaliser seul à la maison fait débat.  Roger Thionnet, Président de Salveo, une coopérative regroupant 115 pharmaciens en Suisse demande quand ils pourraient être commercialisés ? De tels kits, autorisés aux Etats-Unis, devraient prochainement faire leur apparition en France. Mais à Berne, les autorités sanitaires s’y opposent encore. En vingt à trente minutes, ces tests délivrent un résultat et ne nécessitent qu’un échantillon de salive. « Certains sont disponibles sur Internet, mais leur fiabilité est douteuse. Ils doivent être achetés en pharmacie et non sur la Toile », plaide Roger Thionnet. Ainsi, les patients pourraient discuter dans un espace confidentiel avec un professionnel. Cet encadrement, l’apothicaire le juge d’autant plus important que ces kits pourront bientôt être achetés de l’autre côté de la frontière. (…)

En Suisse, on estime que 15 à 25% de la population infectée par le VIH l’ignore. C’est en pensant au public qui ne s’adresse pas aux centres de dépistage que David Perrot, directeur du Groupe sida Genève, se dit « plutôt pour » l’autorisation des autotests en Suisse. Dans l’idéal, nuance le Genevois, tout examen devrait être accompagné d’un conseil professionnel mais « mieux vaut cela que rien du tout ».

Une ouverture prudente derrière laquelle se range également l’Aide suisse contre le sida. L’organisation dit ne pas être « fondamentalement opposée » à une telle commercialisation. Elle y met toutefois des conditions minimales. Chaque autotest devrait contenir des informations rédigées dans les langues nationales et en anglais. Des organismes indépendants devraient assurer la qualité des produits. Et les utilisateurs devraient savoir où s’adresser pour obtenir des conseils.

Mais les autorités fédérales, elles, sont plus réticentes. Dans un avis émis en mars, la Commission fédérale pour la santé sexuelle (CFSS) s’oppose à une commercialisation et estime qu’il vaut mieux attendre. Son président, le Professeur Pietro Vernazza, est carrément critique : « dans 8% des cas, la séropositivité n’est pas détectée : ce taux d’erreurs est trop élevé. Le problème tient aussi au fait que les gens, qui ne sont pas des professionnels, ne les utilisent pas correctement. » (…)

 


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Automesure ©, d’après les articles de Caroline Zuercher (Tribune de Genève du 27 avril 2013) et la Revue Médicale Suisse du 8 mai 2013.